Et si l’on retournait quelques instants dans notre enfance…

Qu’est-ce que tu as eu à Noël ? Vous vous rappelez de cette phrase ?… Lorsque les vacances scolaires se terminaient et que l’on retrouvait les copains le lundi matin dans la cour de récré, chacun était curieux de savoir ce que ses camarades avaient eu dans leurs souliers au pied du sapin. On avait hâte de dire que l’on avait été super gâté, histoire de rendre les copains un peu jaloux. Mais des fois, on restait béat devant la description du cadeau qu’un de nous avait obtenu. On en rêvait tous, mais il n’était pas à la portée de toutes les bourses et puis il y avait un « deal », un contrat moral passé entre les parents et nous, il fallait bien travailler à l’école et rapporter un bon carnet…

Et bien pour nous, ces périodes festives, synonymes de convivialité, d’invitations, propices à boire du champagne, sont étroitement liées à nos chères capsules. Et comme ce fameux champagne coule à flot au moment des fêtes de fin d’année (à boire tout de même avec modération), les capsules sont nombreuses et variées.
J’ai pensé que ce serait amusant de se retrouver au marché du samedi matin, au boulot le jour de la reprise, dans les transports avec quelques collègues et de leur demander « qu’est-ce que tu as eu à Noël ? (sous-entendu comme capsule) ». On aurait pris soin de mettre les plus belles pièces dans sa poche pour les montrer.
Tels les sept péchés capitaux, ou plus…

L’orgueilleux, s’attribuerait des capsules qu’il n’a pas eu, mais qu’il pensait mériter bien plus que quiconque.

L’avare, en posséderait plusieurs exemplaires mais se refuserait d’en céder ne serait-ce qu’une seule.

L’envieux, dévorerait des yeux toutes celles que l’on peut lui montrer au point de les convoiter de manière maladive.

Le coléreux, n’admettrait pas que l’on puisse en avoir de plus belles que les siennes, allant même jusqu’à s’emporter, si on lui prouvait le contraire.

Le luxurieux, oserait caresser ses capsules en vous les présentant, au point d’en éprouver un plaisir indécent.

Le paresseux, lui, n’aurait rien à montrer. Il compterait plutôt sur les autres pour s’enrichir.

Le gourmand, collectionnerait sans forcément en obtenir un grand plaisir et son butin ne serait qu’un bien matériel.

Le timide, garderait sa capsule enfouie au fond de sa poche et il faudrait le supplier pour qu’il la sorte.

Le fier, la conserverait dans la main, histoire de la mettre sous le nez du nouveau venu à chaque rencontre.

Le maniaque, montrerait son bien sans vouloir qu’on y touche.

Le menteur, se plairait à faire croire qu’elle vaut une fortune.

En conclusion je dirais que nous sommes de doux rêveurs, plein d’espoirs avec un petit côté encore enfantin que nous aimons cultiver afin de n’être que candeur, innocence et naïveté.

Et en ultime conclusion, j’aimerai juste citer les derniers vers d’un poème de Victor Hugo, « l’enfant » datant de juin 1874.

On dirait, tant l’enfance a le reflet du temple, Que la lumière, chose étrange, nous contemple ; Toute la profondeur du ciel est dans cet œil. Dans cette pureté sans trouble et sans orgueil Se révèle on ne sait quelle auguste présence ; Et la vertu ne craint qu’un juge : l’innocence.