Lorsque j’ai commencé à collectionner les capsules de champagne, ces petits bouts de métal étaient peu onéreux.

Et puis les choses ont progressivement changé. D’abord, le passage à l’an 2000 qui a apporté son lot de nouveautés, commémorant ainsi cet évènement majeur avec des plaques spécifiques au changement de siècle et des tarifs en rapport.

Puis ce fut l’arrivée de l’Euro. Profitant de notre inexpérience avec cette nouvelle monnaie, les prix se sont mis à flamber dans tous les domaines, y compris pour les objets de collection (5 F = 1 €, soit l’équivalent de 6,50 F, 10 F = 2 €, soit 13 F, etc.).

Et depuis, nos « petites protégées » n’ont cessé d’augmenter dans les deux sens du terme. Certains producteurs et fabricants ont bien compris le message. Décupler la diversité permettait d’accroitre la rentabilité. Il suffisait de regarder ce que les collectionneurs achetaient le plus souvent et c’était gagné. Les portraits, les fleurs, les animaux, les millésimes, les cuvées… La liste est longue et presque sans fin.

Il existe aujourd’hui de véritables spécialistes de la capsule mais qui offrent un champagne qualifié par certains de « très mauvais » (peut-être peut-on y voir un créneau pour les fabricants de crème de cassis…).

Devant cette prolifération de plaques (on parle aujourd’hui de 3000 nouvelles capsules par an, toutes couleurs confondues), de plus en plus de collectionneurs s’orientent vers de la thématique ou bien se fixent une année butée en rapport avec le répertoire en cours. Et une fois encore cela fait le bonheur des producteurs et fabricants car ils choisissent des capsules de plus en plus belles, de plus en plus sophistiquées et… de plus en plus inaccessibles !

On a multiplié les séries, édité des quantités de génériques, créé des thèmes n’ayant aucun rapport avec le champagne (les pin-up, le kama soutra, ou les automobiles pour ne citer que les plus extrêmes). Mais comme si cela n’était pas suffisant, il fallut « inventer d’autres types de plaques». Et au fil des années sont apparus « les insert », « les opalis », « les porcelaines », « les peintes à la main », « les strass », les « plaqué or et nickel », les « pendentifs » et, les dernières trouvailles « les capsules en relief » et « une capsule en bois ».

Et les tarifs vont de pair : il faut compter pour une porcelaine 30 € ; pour un insert 15 à 20 €, pour une peinte à la main 30 €, pour une capsule en relief 15 €. On a envie de dire, c’est inadmissible ! Mais en y réfléchissant bien, qui est le premier fautif ? L’an 2000, l’euro, le producteur, le fabriquant ou bien… le collectionneur ?

Si on est de mauvaise foi, on va incriminer le producteur et/ou le fabricant. Si on est réaliste on va s’incriminer soi-même. Et je pense que c’est bien là que le bât blesse. Ne sommes-nous pas les premiers fautifs en « adhérant » à ce système. Car il faut bien le reconnaitre, dès qu’une nouvelle capsule voit le jour, on veut l’obtenir le plus rapidement possible. Notre passion nous dévore et notre acharnement rend service aux créateurs.

Alors pourquoi ce plaidoyer allez-vous me dire ? Parce que l’on pense tous à peu près la même chose et que mettre nos pensées noir sur blanc, ça défoule. Au fait, je viens de voir une nouvelle capsule…