En abordant les sujets divers et variés relatifs à la placomusophilie, je ne pouvais pas passer à côté des an 2000. Car si aujourd’hui j’en suis très loin, j’ai eu, moi aussi, ma frénésie pour ce thème. Pour beaucoup d’entre nous ce fut une étape importante dans la collection car contrairement aux autres plaques, elles appartenaient toutes à la même famille, celle du nouveau siècle, et le but était d’obtenir la collection complète. C’est ce que l’on pensait tous, mais nous avons vite déchanté car si les rares marchands en proposaient à la vente, il était bien difficile de savoir ce qu’il existait vraiment. Nous les avons donc découvertes au fil des mois et « le téléphone arabe » a fait le reste. Au début presque tous les collectionneurs les recherchaient.

Lorsque le passage à l’an 2000 est survenu, les producteurs se sont empressés de faire fabriquer une ou plusieurs capsule(s) personnalisée(s) pour marquer cet évènement majeur. Certains ont voulu afficher le début de ce nouveau siècle avec des cuvées de prestige et des bouteilles revêtant un habillage à la hauteur. Ces petits bijoux de rêve, réservées à une clientèle particulière (qui n’avait pratiquement rien à voir avec la collection) compte tenu de leur prix, peuvent se classer dans la catégorie des produits de luxe.

Puis ce fut le tour des «repiquages An 2000». D’abord ceux issus d’une série de 5 plaques n° 613 à 617, au nombre de 382 à ce jour, émises par 183 viticulteurs. Ensuite l’on trouve le «globe terrestre», n° 651, personnalisé qui se compose de 31 plaques avec autant de vignerons. Enfin, les «3ème Millénaire personnalisées», n° 612, soit 7 plaques et 7 viticulteurs (chiffres relevés dans le répertoire Lambert 2014).

A la veille de l’an 2000, j’ai fait la connaissance d’une personne qui chinait pour une poignée de collectionneurs, dont je faisais partie. Je rencontrais le plus souvent le lundi soir, après le travail, celui que nos surnommions «Petit Claude». Nous nous retrouvions au café de la gare et lorsqu’il ouvrait son sac en plastique, c’était un peu la caverne d’Ali Baba. Il avait toujours des pièces rares, des nouveautés et réussissait la plupart du temps à dénicher ce que je recherchais. C’est ainsi qu’un soir il me présentât les premières capsules An 2000. Il y avait des génériques et aussi et surtout des capsules de producteurs. Si ma mémoire est bonne, le prix devait tourner aux alentours d’un franc la plaque. Dérisoire.

Au fil du temps je me suis constitué une belle collection pour un coût modeste. En 2006, j’ai vidé ma tirelire pour acquérir des repiquages An 2000, suite à la vente d’une collection, afin de compléter une partie de ce qu’il me manquait.

Au fil des années, les prix de ces petites capsules An 2000 se sont envolés. Je me souviens avoir vu en 2004 sur les bourses une Alain Mercier (AMF) bordeaux à 70 €, une Lacroix Triaulaire métal et noir : 100 € ! Je ne parle même pas de la cuvée Pouillon, composée de trois plaques An 2000, qui aurait été acheté en totalité et exportée en Russie…

En 2008, je décide de revendre d’abord les repiquages, puis les capsules personnalisées. La raison est simple. Ma collection était très avancée mais lorsque je regardais les prix de ce qu’il me manquait j’attrapais « le tournis ». Deux solutions s’offraient alors à moi : soit continuer, soit arrêter (Lapalisse n’est pas loin…).

Continuer cela signifiait arrêter de collectionner les autres plaques afin d’économiser pour pouvoir acquérir des pièces devenues rares et donc chères. D’où un sentiment de frustration. Arrêter c’était purement et simplement la revente de la totalité de la collection.

J’ai choisi la deuxième option et c’est à partir de là que sont apparues, petit à petit, mes thématiques.
Bien sûr j’aurais toujours un petit regret car c’était (et c’est toujours) une belle thématique. Mais dans la vie il faut savoir faire des choix.

  • barnault